Histoire et patrimoine

 

Histoire et Patrimoine

Le protestantisme à Giou

Au milieu d’angelots et de rinceaux baroques, une date 1685 et une injonction « Flectatur Coelestrum » que l’on peut traduire par « Tu te soumettras à la parole divine » nous interpellent dans l’axe de l’église. Aucun texte n’est venu corroborer ce qui reste une forte présomption.

On peut en effet penser que le retour à la religion catholique de la famille de Giou, peu de temps après la révocation de l’édit de Nantes-1685- a dû marquer les esprits au point d’en inscrire la trace sur les parois du chœur.

Celles-ci, tout naturellement, sont venues sacraliser l’obéissance à l’édit de sa Majesté Louis XIV – Flectatrur Coeslestum.

Depuis trois générations, en effet, la religion calviniste était entrée dans la famille de Giou. Alliances et mariages étaient conclus dans la communauté protestante. Une bibliothèque d’une certaine importance, saisie en 1697 au château, regroupait des ouvrages de la nouvelle religion imprimés pour la plupart dans les cités protestantes de Genève, Bâle ou Strasbourg.

D’autres signes attestent encore de cette appartenance à la famille réformée, comme l’invitation à son sacre faite à Monsieur de Giou  par Henri IV.

 

Un peu d’architecture…

De style gothique, la nef ne manque pas d’ampleur.

Comportant deux travées, elle est voûtée sur croisées d’ogives, tout comme les chapelles latérales.

La chapelle de droite contient le tombeau (enfeu) de la famille de Giou, dont le blason est sculpté en clé de voûte (d’argent à trois tourteaux de gueules posés deux en chef et l’autre en pointe).

Le chœur a été peint au XIXème siècle, probablement sur un décor plus ancien du XVIIème, dont la partie frontale a été préservée par un retable (rinceaux-angelots-date 1685).

Le clocher « à peigne », caractéristique de l’architecture des églises rurales de la région, comporte 4 ouïes contenant 3 cloches. La plus petite, qui est aussi la plus ancienne (1528) est réalisée en bronze à l’argent. Elle porte l’inscription « A fulgure et tempestate, libera nos Domine- Sancte Boniti, ora pro nobis » (de l’orage et de la tempête protège-nous Seigneur- Saint Bonnet – Priez pour nous).